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Pôle-Sud, documentaires scéniques : une véritable bouffée d’émotion

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Il y a deux ans, j’ai assisté à un spectacle qui m’a chamboulée : Vrais mondes. Je n’avais jamais vu une oeuvre de la sorte et la formule m’a complètement séduite. Quand mon amie Amélie m’a demandé si je voulais aller voir Pôle Sud, documentaires scéniques, un spectacle similaire présenté à l’Espace libre, je n’ai pas hésité une seconde!

Les auteurs,  Émile Proulx-Cloutier et Anaïs-Barbeau Lavalette, qui forment un couple dans la vie, ont définitivement tous les talents! Émile est comédien, metteur en scène et auteur-compositeur-interprète. De son côté, Anaïs est documentariste, cinéaste et écrivaine.

En combinant leurs expertises, Anaïs et Émile ont su créer une formule de spectacle tout à fait innovante : les documentaires scéniques. Sur scène, ils dressent le portrait de huit personnes, dont nous apprenons la vraie histoire. Dans une mise en scène tout en sobriété, ces « acteurs de la vie » bougent sur scène sans jamais prononcer un son. C’est plutôt grâce à une trame sonore, par laquelle nous entendons les protagonistes discuter avec Anaïs, que nous apprenons à les connaître.

Dans le cas du spectacle Pôle Sud, documentaires scéniques, Anaïs et Émile ont mis en scène des habitants du quartier Centre-Sud, lieu même du théâtre Espace libre. On découvre notamment Jacky, une ancienne effeuilleuse, qui a parcouru la province de Québec à une époque où les cabarets étaient à leur apogée. Il y a aussi Serge, artiste travaillant le métal et propriétaire du Café L’Écarté, qui nous plonge dans son passé, lui qui a vécu toute sa vie dans Centre-Sud. On apprend aussi à aimer la fougue de Johanne, concierge dans une école du quartier, qui avoue être fan de Diane Dufresne, une artiste qui lui a permis, à une certaine époque, de crier avec elle toute sa rage de vivre.

Pendant toute la durée du spectacle, on ne peut que développer un attachement profond pour ces « personnages », qui ont eu le courage de mettre de côté leur pudeur pour se dévoiler totalement à nous, de parfaits inconnus. C’est tout à fait admirable.

Je ne saurais vous décrire parfaitement les sentiments ressentis pendant ce spectacle… En fait, une véritable bouffée d’émotions m’a envahie. Je suis passée à plusieurs reprises de la joie à la tristesse, en passant par l’admiration, la compassion et l’étonnement. Il faut dire que les personnes qu’on nous présente sur scène ont bel et bien vécu ce qu’elles racontent. Il ne s’agit pas de fiction. Le lien qui se crée avec le public, mis ainsi dans la confidence, est extrêmement fort.

Ce que j’ai réalisé aussi grâce à ces documentaires scéniques, c’est qu’on sait si peu de choses sur la vie des gens. On se fait souvent une idée préconçue d’une personne en un simple coup d’oeil. J’aurais rencontré Johanne dans la rue et je l’aurais peut-être jugée. Pourtant, j’ai tellement aimé sa personnalité et sa drive!

Au fond, que savons-nous réellement des gens? Des drames qu’ils ont vécus? Des histoires touchantes qui ont jalonné leur vie? Des expériences, bonnes ou mauvaises, qui les ont fait cheminer? Des personnes qu’ils ont aimées ou, malheureusement, qu’ils ont perdues? Chacun porte en soi une histoire, des secrets, des rêves… Peut-être devrions nous apprendre à mieux nous connaître et à juger moins rapidement.

Merci Anaïs et Émile d’avoir mis sur pied un projet de la sorte. Un peu d’humanité dans ce monde parfois cynique fait sincèrement du bien. Longue vie aux documentaires scéniques!

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2 Commentaires

  • Reply
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    19 mai 2016 at 17 h 01 min

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